Après le pétrole, pénurie d’aluminium ?

26 mai 2026
-IAM, News

Hugues Chevalier, Economist

Outre les marchés mondiaux des hydrocarbures, la fermeture du détroit d’Ormuz le 28 février dernier impact également les marchés des métaux industriels, et plus particulièrement celui de l’aluminium. En effet, 9 % de la production mondiale de ce métal, soit environ 7 millions de tonnes par an, sont localisés dans le golfe Persique. Non seulement le transport est impossible, mais les deux principaux sites de production ont été bombardés par l’Iran les 27 et 28 mars derniers, interrompant la production au Bahreïn et aux Émirats arabes unis. Le cours de ce métal a augmenté de 25 % au cours des six derniers mois, pour atteindre près de 3 600 dollars la tonne ces derniers jours, soit son niveau le plus élevé depuis le début de la guerre en Ukraine en 2022. Selon JP Morgan, les risques de pénurie devraient faire grimper les cours à 4 000 dollars. Le déficit de production dans le monde pourrait atteindre 2 millions de tonnes d’ici la fin de l’année, alors que les stocks mondiaux (environ 1,5 million de tonnes) ne suffiraient pas à compenser cette pénurie. L’Europe est une fois de plus touchée de plein fouet, car elle importe désormais 80 % de sa consommation, après avoir fermé quasiment toutes ses fonderies pour des raisons de coût. Or, l’aluminium est un matériau indispensable dans de nombreux secteurs industriels, comme l’automobile, l’aéronautique ou la construction. Les industries européennes doivent donc se tourner vers d’autres producteurs, comme le Canada ou la Norvège, mais ne pourront pas pour autant recevoir des volumes similaires. Les différentes filières industrielles utilisant de l’aluminium ont déjà averti que le prix d’achat du métal serait répercuté sur le prix de vente et que des ruptures d’approvisionnement pourraient se produire d’ici quelques semaines si la situation dans le golfe Persique ne se normalise pas. Le cuivre est également impacté, car 25 % de la production mondiale d’acide sulfurique, un composant essentiel à sa production, provient du golfe Persique. La Banque mondiale a déjà lancé un avertissement concernant les hausses de coûts de ces deux métaux, ce qui aura des répercussions sur l’ensemble de la chaîne des prix, et donc, au final, sur l’inflation et sur les taux d’intérêt à long terme.

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