Les nuages s’accumulent sur la conjoncture mondiale

24 septembre 18
-IAM, News

Hugues Chevalier, Economist

En dépit d’une croissance qui reste très vigoureuse aux États-Unis et dans plusieurs pays émergents, notamment en Inde, les risques augmentent sur l’économie mondiale. Notre scénario central ne comprend pas de récession en 2019, mais la probabilité d’une telle évolution s’accroît. Dans l’immédiat, l’activité devrait ralentir. En effet, la croissance américaine va inéluctablement décélérer car sa vigueur actuelle est artificielle et soutenue principalement par les baisses massives d’impôts. Or, ces dernières vont s’arrêter. Par ailleurs, le commerce mondial (en valeur) marque le pas depuis plusieurs mois, en dépit de la forte hausse des prix du pétrole, impactant les pays exportateurs. En Europe, l’échec actuel des négociations sur le Brexit impacte fortement les investissements et la consommation au Royaume-Uni. En outre, la guerre commerciale (nouvelles taxes à l’importation et mesures de rétorsion) initiée par les États-Unis commence à peser sur les exportations asiatiques vers l’Amérique du Nord. Par ailleurs, la normalisation de la politique monétaire américaine provoque déjà des crises monétaires dans les pays émergents les plus vulnérables comme l’Argentine ou la Turquie. Enfin, l’endettement ne cesse de croître dans le monde, alors même que les taux d’intérêt ont juste commencé à augmenter. Tous ces facteurs vont faire ralentir la croissance mondiale au cours des prochains mois. Notre scénario central est celui d’un ralentissement graduel avec une hausse du PIB proche de 3,8% en 2019.

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