Nouveau choc pétrolier ?

26 octobre 2023
-IAM, News

Hugues Chevalier, Economist

 

Cinquante ans après la guerre de Kippour (6 octobre 1973), suite à l’attaque terroriste du Hamas en Israël (7 octobre 2023), et à la réponse de l’armée israélienne à Gaza, la crainte d’un nouveau blocus pétrolier par les pays arabes resurgit. Ces craintes nous semblent surestimées. Bien que des parallèles puissent être esquissés, la situation actuelle est tout à fait différente, tant sur le plan du marché du pétrole, que sur le plan géopolitique. Sur le marché du pétrole, depuis l’été dernier, et suite à la décision de l’Arabie saoudite de réduire sa production de brut d’un million de barils par jour, les prix sur les marchés mondiaux sont effectivement remontés ces dernières semaines. La semaine dernière, le lundi 9, à la suite de l’attaque du Hamas, les prix n’ont augmenté que de 4%, à près de 90 dollars le baril, en ligne avec les risques géopolitiques d’une extension du conflit. Cette hausse des prix n’a donc rien à voir avec celle observée en 1973. Et aucun blocus n’a été mis en place à la suite de la contre-offensive israélienne. Par ailleurs, sur le plan mondial, le pétrole ne représente plus que 30% environ des énergies primaires, contre plus de 50% dans les années 70. En outre, les Etats-Unis sont désormais le premier producteur mondial de brut et ne dépendent presque plus du Moyen-Orient pour leur approvisionnement. De plus, la hausse de la demande mondiale de pétrole a fortement ralenti ces dernières semaines. Les risques de rupture d’approvisionnement pour les pays de l’OCDE ont donc fortement diminué par rapport à la situation de 1973. Toutefois, un blocus n’est pas totalement exclu, mais n’aurait pas du tout le même impact qu’il y a cinquante ans. Dans l’immédiat, les prix du brut pourraient encore progresser avec d’éventuelles sanctions supplémentaires sur l’Iran, en raison de sa politique active de soutien au Hamas et au Hezbollah libanais. En effet, les exportations de la république islamique ont progressé de 0.7 million de barils par jour depuis 2021. Sans cet apport, et avec la réduction de l’offre de l’Arabie saoudite, les prix pourraient donc encore rebondir. Mais un arrêt total des exportations des pays de l’OPEP+ vers les pays de l’OCDE n’est pas d’actualité pour l’instant.

 

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