07 septembre 2026 -IAM, News
Hugues Chevalier, Economist
La réunion des gouverneurs des principales banques centrales des pays industrialisés, qui s’est tenue à « Jakson Hole », le 28 août dernier, a été particulièrement scrutée par les marchés financiers. Le discours de Kevin Warsh, le nouveau président de la Réserve fédérale américaine (Fed), entré en fonction le 22 mai dernier, était attendu pour confirmer, ou non, l’indépendance de la Fed face au pouvoir politique. En effet, la crédibilité de la politique monétaire de la Fed est mise en doute, alors que l’inflation aux États-Unis dépasse la limite fixée de 2 % depuis 5 ans, et que les taux d’intérêt directeurs restent inchangés depuis des mois dans la fourchette de 3,5 % à 3,75 %. Lors de sa précédente conférence de presse, le 29 juillet, alors que l’inflation a atteint 3,5 % sur un an en juin, le président de la Fed a écarté toute hausse des taux directeurs, en affirmant qu’il était temps d’arrêter « de nourrir à la petite cuillère » les marchés financiers, sans fournir d’informations sur la politique monétaire future. Les marchés financiers n’ont pas du tout apprécié et les taux longs souverains à 30 ans se sont tendus, passant de 5,1 % à 5,3 %, leur plus haut niveau depuis 25 ans. Les marchés estiment désormais que la Fed maintient des taux trop bas (sous la pression du gouvernement) et que cela alimente l’inflation. Il ressort des déclarations du 28 août que les taux directeurs pourraient être remontés, mais aucun calendrier n’a été communiqué. Certes, les tensions sur les marchés obligataires ne sont pas uniquement dues à la politique de la Fed, mais également à la dérive des comptes publics américains, dont la dette continue de progresser et qui a franchi le seuil symbolique des 40 000 milliards de dollars. Compte tenu de l’ampleur de cette dette et de celle des autres pays de l’OCDE, les taux obligataires se sont redressés partout dans le monde. Si la Fed ne prend pas de mesures pour encadrer l’inflation américaine (et l’accroissement des dettes publiques), les taux longs pourraient encore grimper et, par conséquent, pénaliser lourdement l’activité mondiale.