Obligations d’Etat : alerte rouge sur la France

19 octobre 2026
-IAM, News

Hugues Chevalier, Economist

Ces derniers jours, les taux longs souverains français à 10 ans ont continué de progresser pour atteindre 4,89 % le 10 octobre, et l’écart avec le Bund allemand a atteint 140 points de base, un record. La France emprunte désormais sur les marchés internationaux à un taux plus élevé que la Grèce. La dette publique est ainsi passée de 80 % du PIB en 2010 à 120 %. Les déficits publics supérieurs à 5 % ces dernières années ne font qu’aggraver le niveau de la dette. Par ailleurs, la croissance économique anémique (à peine 1 % prévue cette année et l’année prochaine) ne permet pas de désendettement par la croissance. Le pays est donc dans une impasse budgétaire, avec des dépenses publiques qui atteignent 57 % du PIB, l’un des niveaux les plus élevés parmi les pays de l’OCDE. Les raisons sont connues : faible productivité structurelle, vieillissement de la population, prélèvements record à 44 % du PIB, etc. C’est pour cette raison que le Conseil d’analyse économique (CAE) a publié une note le 8 octobre dernier dans laquelle il recommande de réduire le déficit public de 125 milliards en cinq ans afin de regagner en crédibilité auprès des marchés financiers. Pour atteindre cet objectif, 150 mesures sont proposées. Le redressement des comptes est urgent pour éviter une augmentation incontrôlée de la dette. Dans l’immédiat, il s’agit de réduire le déficit pour éviter une crise des obligations d’État françaises sur les marchés financiers, ce qui pourrait avoir des conséquences mondiales, y compris en Suisse. Pour ce faire, le gouvernement a annoncé des coupes de 15 milliards d’euros, mais les élections de mai prochain approchent et il n’est pas certain que ces mesures d’économie soient mises en place. Selon certains analystes, si les rendements obligataires augmentent encore de 50 points, la Banque centrale européenne n’aura d’autre choix que d’intervenir. Toutefois, le poids de la dette française détourne déjà les investisseurs du marché financier français, qui recule de 4 % depuis le début de l’année, à l’inverse des autres marchés mondiaux.

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